Dans un contexte marqué par le conflit, les déplacements de populations et la fragilisation des services essentiels, tomber malade, accoucher ou avoir besoin de soins ne devrait jamais devenir une condamnation.
C’est dans cette réalité que s’est inscrit le projet AECID 25, mis en œuvre par PPSSP. L’AECID (Agence espagnole de coopération internationale pour le développement) est un organisme public officiel de l’État espagnol. Le fonds AECID destiné à l’intervention en RDC a transité par Farmamundi, qui a accompagné la mise en œuvre du projet en faveur des populations affectées par la crise. À travers l’approvisionnement en médicaments et équipements médicaux, le renforcement des compétences du personnel de santé et la gratuité de plusieurs services essentiels, le projet a contribué à renforcer l’accès aux soins et à préserver la dignité des populations les plus vulnérables.
➞ Des médicaments et des équipements pour répondre à l’urgence
L’une des principales interventions du projet a consisté à approvisionner cinq établissements de santé bénéficiaires en médicaments essentiels et équipements médicaux, sur la base des besoins identifiés avec les équipes sanitaires.
Les produits ont été acquis, contrôlés et distribués selon des procédures visant à garantir leur qualité, leur disponibilité et leur utilisation efficace.
Une attention particulière a été accordée à la santé sexuelle et reproductive, à la santé mentale, à la nutrition, à la prévention des épidémies ainsi qu’aux soins obstétricaux et néonatals d’urgence.
Des kits de planification familiale, des kits PTME, des kits individuels d’accouchement, des médicaments essentiels ainsi que du matériel destiné aux soins obstétricaux et néonatals ont permis de renforcer la capacité des professionnels de santé à répondre aux situations critiques.
Derrière chaque médicament disponible, il y a une possibilité de sauver une vie.
➞ Renforcer les compétences des soignants
La disponibilité des médicaments et des équipements ne suffit pas à elle seule. La qualité des soins repose également sur les compétences des femmes et des hommes qui les dispensent. C’est pourquoi le projet a également investi dans le renforcement des capacités du personnel de santé.
Pendant cinq jours, 15 professionnels de santé, dont 10 femmes, ont été formés à la gestion durable des médicaments, avec un accent particulier sur la santé sexuelle et reproductive et la santé mentale. La formation a notamment porté sur la conservation et l’utilisation rationnelle des médicaments, la réduction de leur impact environnemental, ainsi que la prescription de médicaments en santé mentale et les contraceptifs d’urgence.
Une seconde formation a réuni 12 professionnels de santé autour des soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU) et de la gestion de maladies contagieuses telles que le choléra, la rougeole, la MPOX et le VIH/SIDA.
Les participants ont ainsi renforcé leurs compétences dans la prise en charge des hémorragies, de la prééclampsie, de l’éclampsie, de la septicémie, du choc obstétrical, des complications de grossesse et de la réanimation néonatale.
L’enjeu était essentiel : qu’en situation d’urgence, chaque professionnel sache quoi faire, comment agir rapidement et quand référer le patient.
➞ 17 550 personnes au cœur de la réponse
Au total, 17 550 personnes, dont 11 025 femmes, ont été ciblées par les interventions menées dans les cinq établissements de santé.
• Des populations vulnérables prises en compte
Parmi elles, 7 500 personnes déplacées et membres des communautés locales vulnérables ont été prises en compte dans la réponse sanitaire d’urgence, notamment dans le cadre de la prise en charge des cas suspects de MPOX.
Plus de 5 100 femmes enceintes et parturientes ont été ciblées pour bénéficier de soins prénatals et postnatals. Parmi elles, 500 femmes présentant un périmètre brachial inférieur ou égal à 23 cm ont bénéficié d’un appui au transport vers les services de consultation prénatale.
Le projet a également prévu la référence de 100 femmes présentant des complications nécessitant une césarienne vers l’HGR de Beni afin de leur permettre d’accéder à une prise en charge spécialisée. Des soins spécialisés ont également été prévus pour 300 personnes vivant avec le VIH, tandis que 1 500 personnes ont été ciblées par les services de planification familiale.
➞ Quand la nutrition devient aussi une urgence
Dans les situations de crise, la malnutrition peut progresser silencieusement, particulièrement chez les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes. Le projet a ainsi intégré la prise en charge nutritionnelle de 1 042 personnes, notamment des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes ou allaitantes présentant des signes de vulnérabilité nutritionnelle.
Des kits nutritionnels comprenant notamment de la farine d’avoine enrichie, du sucre, du lait et de l’huile ont contribué à soutenir leur prise en charge et leur rétablissement.
Parce que répondre aux besoins nutritionnels d’une personne vulnérable, c’est aussi lui donner une chance de récupérer et de vivre dignement.
➞ 500 accouchements accompagnés avec dignité
Le projet a également prévu l’accompagnement de 500 femmes à travers la mise à disposition de kits individuels d’accouchement. Ces kits comprennent des articles essentiels pour la mère et son bébé : vêtements, couverture, couches, savon, gants, matériel de coupe du cordon, serviettes hygiéniques et autres fournitures utiles à l’accouchement et aux premiers soins.
Dans un contexte où les familles les plus vulnérables peinent à couvrir les dépenses liées à la naissance, ce soutien représente bien plus qu’un simple ensemble d’articles.
C’est un geste de dignité. C’est permettre à une mère d’accueillir son enfant dans de meilleures conditions, malgré les difficultés qui l’entourent.
➞ Une réponse sanitaire, mais surtout humaine
Arrivant progressivement à son terme, le projet AECID 25 laisse derrière lui une réponse qui ne se résume pas à la distribution de médicaments ou à l’organisation de formations.
Il a contribué à renforcer la capacité des services de santé à répondre aux urgences, à améliorer les compétences des soignants et à réduire certaines barrières qui empêchent les populations vulnérables d’accéder aux soins.
Derrière les chiffres — 5 établissements de santé, 17 550 personnes ciblées, 15 professionnels formés, 12 professionnels ayant renforcé leurs compétences, plus de 5 100 femmes enceintes et parturientes accompagnées, 500 femmes soutenues pour le transport, 100 références prévues pour césarienne et 500 kits d’accouchement — se trouvent avant tout des femmes, des enfants, des familles et des vies.